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VACANCES D'ÉTÉ - Les lectures de nos collabos

Lire en vacances

 

Enfin! Vous avez devant vous de belles plages de liberté. L’occasion idéale de plonger dans un bon livre! Afin de vous inspirer, nous avons demandé à nos fidèles collaborateurs de partager avec nous leurs lectures de vacances favorites. Faites vos choix! 

 

Propos recueillis par Marie-Claude Fortin  

Enfants Québec, juillet-août 2009

 

Marie-Claude Béliveau

Depuis que j’ai des enfants, je me rends compte que je n’ai plus (ou ne prends plus!) le temps de lire en vacances. Ils sont loin, les beaux jours où je m’absorbais dans un bon gros roman pour en ressortir des heures plus tard comme on sort d’une retraite! Je me souviens de cet été où j’ai lu, dans un état second, Les oiseaux se cachent pour mourir (Pocket), le best-seller de Colleen McCullough, puis L’espace d’une vie (J’ai lu) de Barbara Taylor Bradford. Je me rappelle avoir dévoré ces livres… On aurait dit que le temps s’était arrêté. Depuis, il me semble que je n’ai jamais lu un roman qui m’ait happée à ce point-là - faute de disponibilité, en grande partie. Mais je cherche! J’achète régulièrement des livres que j’aimerais lire «un jour» et je les range dans une très jolie bibliothèque de bois peint, acquise spécifiquement pour ces futures lectures! Le prochain sur ma liste, c’est un roman qu’une collègue m’a offert après en avoir entendu des critiques dithyrambiques: Le temps où nous chantions (10/18), de Richard Powers. Il s’y est ajouté la fameuse trilogie Millénium (Actes Sud), de Stieg Larsson, qu’on vient tout juste de me prêter devant mon urgence de trouver assez de livres pour me tenir bien assise et en haleine durant cette vraie semaine de vacances (sans enfants, mea culpa…) qui arrive… bientôt !

 

Céline Boisvert

Parmi les livres dont je garde un merveilleux souvenir, il y a Le temps où nous chantions (10/18), de Richard Powers. C’est l'histoire pas banale du tout d'une famille de trois enfants, dont le père est un juif blanc, physicien, émigré, et la mère, une chanteuse noire américaine. Toute la famille entretient une passion exceptionnelle pour la musique, sa planche de salut en cette époque d'après-guerre où l'Amérique était encore très raciste. Il y a également tous les romans policiers écrits par Donna Leon - entre autres, De sang et d’ébène; Dissimulation de preuves; Mort à la Fenice (Points) - qui mettent en vedette le commissaire Brunetti et ses singuliers adjoints, dans l’illustre cadre de... Venise! Comme si on y était! Au chapitre des essais, j’ai particulièrement apprécié Vivre - La psychologie du bonheur (Pocket), de Mihaly Csikszentmihalyi, préfacé par David Servan-Schreiber. Pas lourd, positif et très énergisant. Tous peuvent y trouver un peu d'inspiration pour stimuler leur quête personnelle du bonheur. Enfin, un beau livre: 100 lieux pour raconter l'histoire des religions (Aubanel), de François Bayle et François Boespflug. Un livre à regarder; de superbes photos des lieux sacrés des cinq grandes religions. C’est une occasion très agréable d'approfondir ses connaissances dans le domaine et, pourquoi pas, d’inviter enfants et ados à zieuter avec nous! Une meilleure connaissance des autres favorise toujours l’ouverture d’esprit et une plus grande tolérance.

 

Sylvie Bourcier

Mon roman de vacances par excellence est Le Parfum (Livre de Poche), de Patrick Süskind. C’est un livre dont je vais me souvenir toute ma vie. Ses mots, ses odeurs nous emportent ailleurs. C’est vraiment une évasion. En lisant Le Parfum j’ai découvert une autre époque, et tout un monde, celui de la parfumerie. Mais j’ai aussi découvert un écrivain merveilleux. Je l’ai lu à une période pas très rose de ma vie. J’étais en vacances, mais des vacances bien ordinaires passées chez moi. Cette lecture m’a permis d’oublier mes préoccupations pendant quelques heures, et de voyager dans un autre univers.

 

Louis Émond

Comme j’ai toujours beaucoup lu, j’ai eu beaucoup de livres d’été! Mais parmi ceux qui ont été les plus marquants, il y a Michel Strogoff, de Jules Vernes. J’avais 12 ans, et c’était l’une des lectures de vacances imposées par le collège que j’allais fréquenter dès l’automne. Étant donné que c’était une brique, j’ai décidé que je commencerais par celui-là. Et je m’y suis mis par un jour de pluie. À partir du moment où je l’ai entrepris, je n’ai plus été capable de le poser! J’ai «capoté» sur cette histoire de cavalier russe qui traverse les steppes pour prévenir le tsar d’une conspiration contre lui. Pour moi qui ne lisais encore que des bandes dessinées, ce roman a été un livre fondateur. Mon premier gros coup de foudre de lecture. Il y en a eu beaucoup d’autres par la suite. Mais je garde un merveilleux souvenir d’un autre roman, cette fois méconnu, L’arrangement (Stock), d’Elia Kazan. C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui ne sait plus où il en est, un homme qui a perdu le sens de sa propre vie. Pour moi qui avais 21 ans à l’époque, c’était fascinant. J’ai tellement aimé ce livre que je l’ai offert à tous mes amis.

 

Catherine Goldschmidt

L’été, j’ai un petit faible pour les polars. Et le dernier que j’ai lu a été un véritable coup de foudre. Les trois derniers, devrais-je dire, car il s’agit de la série Millénium (Actes Sud), de Stieg Larsson, qui compte trois tomes. Il faut impérativement être en vacances pour s’y plonger car, quand on commence, on ne peut plus s’arrêter! Comme ma demi-sœur est suédoise, j’ai beaucoup aimé le fait que l’histoire se passe en Suède. On connaît très peu les pays nordiques, ils ont pourtant quelque chose d’exotique. Et cela me touchait de me retrouver dans ce décor, ces paysages, ces rues, cette ambiance, en compagnie de personnages extrêmement forts. L’auteur arrive à les décrire avec beaucoup de précision sans que ce soit jamais ennuyeux. Il leur donne une humanité, une profondeur qui apporte beaucoup au roman. Peu de livres m’ont touchée à ce point, à part peut-être ceux de Daniel Pennac ou d’Anna Gavalda. Je me rends compte que j’ai une tendresse pour les antihéros sympathiques qu’ils mettent en scène. Pour moi, ils deviennent comme des amis. Quand j’ai eu terminé Millénium, j’étais en deuil, littéralement!

 

Martin Larocque

Mon anniversaire a lieu l'été. L'été rime avec marché. Et je ne sais pas pourquoi, c'est l'été que j’ai le goût de devenir végétarien... ou presque. Tous mes amis savent ma passion pour la cuisine. Donc, pour ma fête, je reçois souvent des livres de recettes. Et cet été-là (je ne me souviens plus lequel), j'ai reçu de mon oncle Bernard un magnifique livre de cuisine végétarienne: Festins Végétariens (textes de Richard Cawley, photographies de Debbie Patterson), publié chez Gründ. Des photos délicieusement estivales, les couleurs de la gourmandise et des recettes qui nous permettent de célébrer l'été: tout, dans cet ouvrage, est appétissant. Même un accompagnement aussi simple que les carottes braisées à l'huile d'olive, ail et romarin est irrésistible. La simplicité des recettes est d’ailleurs la plus grande qualité du livre. Et son origine européenne nous ouvre des portes sur des mélanges de saveurs parfois plus qu'intéressants. Une tapenade de lentilles à la tomate avec un bon pain et un rosé bien frais, l’été, c'est jouissif!

 

Sylvie Louis

Il y a quelques années j’ai découvert un livre vraiment formidable. Je passais mes vacances à Montréal, avec mes filles, quand je suis tombée sur le premier tome d’une série intitulée Mma Ramotswe détective (10/18). Assise au bord de la rivière des Prairies, à Cartierville, je me suis plongée dans ce polar écrit par Alexandrer McCall Smith, et cela été une révélation! J’ai passé des vacances extraordinaires! Mma Ramotswe est une détective botswanaise. Elle n’est pas du tout du genre mince, en mini-jupe, qui se promène avec un flingue. C’est une dame d’une quarantaine d’années bien en chair! Moi qui ne connaissais rien de l’Afrique, ses enquêtes m’ont permis de découvrir le Botswana, sa nature, les gens qui y vivent. J’ai connu un visage étonnant de l’Afrique. Ceux qui aiment les polars sanguinolents seront peut-être déçus, car ce sont des enquêtes assez gentilles. Elles sont au fond un prétexte pour mettre en scène le pays et son mode de vie traditionnel. Mais c’est tellement sympathique! Depuis que j’ai découvert cette série, tous les étés j’en lis un nouveau tome. Et la rivière des Prairies est devenue, pour moi, une rivière du Botswana!

 

Nicole Malenfant

La détresse et l'enchantement (Boréal), de Gabrielle Roy, voilà l'ouvrage qui a marqué l'été de mes 39 ans, alors que j'étais en vacances à Saint-Michel-des-Saints. Cette œuvre a enchanté mes après-midi passés au bord du lac Taureau. J'avais du mal à laisser le bouquin pour une baignade ou pour me désaltérer. Je me sentais imprégnée par la prose de ce récit autobiographique exceptionnel. Une lecture qui a nourri mes vacances comme un précieux souvenir.

 

Geneviève O’Gleman

J’aime beaucoup lire des récits de voyages. Surtout lorsqu’il s’agit de pays que je ne pourrai pas visiter de sitôt. Je voyage alors par procuration! L’un de ceux que j’ai préférés s’intitule Ébène (Pocket). L’auteur, Ryszard Kapuscinski, récemment disparu, était un journaliste polonais célèbre pour ses reportages sur l’Afrique. Dans Ébène, il a raconté ses voyages sur le continent africain dans les années 1960 et 1970. En le lisant, on a l’impression d’être là-bas, de respirer les odeurs de l’Afrique, de voir les paysages. On sent la poussière sur ses vêtements, la chaleur suffocante, on est complètement transporté. Et Kapuscinski décrit bien ce que c’est que d’être un blanc parmi les noirs. C’est vraiment une belle découverte.

 

France Paradis

Mon livre d’été le plus mémorable est un roman de John Irving, Une prière pour Owen (Points). Je l’ai lu devant le lac Simon, dans un chalet que nous avions loué pour une semaine. Une prière pour Owen est un livre sur la différence, sur la puissance de l’esprit, de l’âme, de l’amour. C’est un livre si extraordinaire que, après avoir tourné la dernière page, je l’ai recommencé à partir du début. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est que, pendant cette même semaine, ma fille Raphaëlle a fait ses premiers pas. Nous avons d’ailleurs une photo d’elle prise au moment où elle s’avance vers moi en tendant les bras! Je trouvais magique de lire cette histoire si belle alors que ma fille commençait à marcher.

 

François St Père
Dans mes temps libres, j’ai l’habitude de lire des ouvrages très techniques sur la psychologie. Mais il y a tout de même deux romans que j’ai lus en vacances et que j’ai beaucoup aimés. D’abord, Les morts de la Saint-Jean (Points), de Henning Mankell. J’ai eu un grand plaisir à lire ce livre. Et j’ai apprécié de découvrir une partie de la Suède, où l’intrigue se situe. L’inspecteur Wallander, qui mène l’enquête, n’est pas décrit comme un super héros, mais bien comme un homme auquel tout le monde peut s’identifier. C’est un personnage attachant et intelligent!  J’ai aussi beaucoup aimé Les gens fidèles ne font pas les nouvelles (Boréal), de la québécoise Nadine Bismuth. C’est un recueil de nouvelles fort bien écrites qui se lit aisément. J’ai bien savouré la particularité de chacune des histoires et l’ironie qui s’en dégage.

 

 

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