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accueil arrow Psychologie arrow Sexualité arrow Les examens gynécologiques

À quel moment une adolescente doit-elle commencer à subir des examens gynécologiques, et quels sont les droits des jeunes en ce qui concerne la confidentialité des consultations médicales ?

 

Tant qu’une adolescente en bonne santé n’est pas sexuellement active, il n’y a pas de raisons médicales de lui faire subir un examen gynécologique interne. L’examen au spéculum n’est pas nécessaire. Il est un peu déplaisant, parfois douloureux ; on évite donc de l’imposer sans raisons médicales à une jeune fille. Une adolescente traumatisée par un examen trop précoce risquerait par la suite de fuir les simples contrôles de routine.
Il se peut néanmoins que le médecin traitant vérifie les seins ou les organes génitaux externes au cours de la visite
annuelle. En l’absence de relations sexuelles, l’examen gynécologique
interne n’est en fait suggéré qu’à partir de 21 ans.

Si une adolescente a une vie sexuelle active, par contre, il lui est conseillé de subir un examen interne dans les trois ans qui suivent la première relation. Non pas dans le but de détecter des maladies transmises sexuellement, pour lesquelles il existe aujourd’hui des tests d’urine qui permettent de déceler la présence de bactéries sans avoir recours à un examen gynécologique, mais plutôt pour faire un prélèvement vaginal destiné à dépister le cancer du col de l’utérus, grâce au test de Papanicolaou, mieux connu sous le nom de « Pap test ». Un examen approfondi est toutefois requis dans tous les cas si des symptômes de maladies surgissent.

On sait que les menstruations appa­raissent entre 10 et 16 ans, souvent deux ans et demi après le développement des seins. Lorsqu’un problème médical survient chez une adolescente - saignements anormaux, dou­leurs menstruelles très fortes ou écoulement vaginal intense - l’examen interne peut en effet devenir nécessaire. Certaines jeunes filles souffrent de malformations qui peuvent entraîner une absence de menstruations visibles ou causer des diffi­cultés à retirer leurs tampons hygiéniques. Ce sont des situations rares, mais qui exigent aussi une vérification de la part du médecin.

Au Québec, l’examen médical n’est confidentiel qu’à partir de 14 ans. Avant cet âge, sauf en cas d’extrême urgence, un médecin n’a même pas le droit de recevoir une adolescente dans son cabinet si elle n’est pas accompagnée de l’un ou l’autre de ses parents, ou si le professionnel n’a pas eu leur consentement verbal. Toutefois, dans le cadre des visites gynécologiques, comme les adolescentes se sentent souvent plus libres de parler seules avec le praticien de leurs problèmes intimes, celui-ci pourra demander aux parents de rencontrer leur fille en tête-à-tête pendant quelques minutes, avant de les recevoir à leur tour. Dans tous les cas, les médecins ont l’obligation d’informer les parents de l’état de santé de leur enfant s’il est âgé de moins de 14 ans. 

Dominic Chalut, pédiatre

 

Publié dans le magazine Enfants Québec, avril 2008

 

 

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