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Une multitude d’hormones sont mises à contribution lors de l’accouchement. Le point sur ces substances méconnues.
Les catégories d’hormones Pendant les contractions, tout un jeu hormonal est discrètement à l’œuvre pour aider la femme à donner naissance à son enfant et à l’accueillir. Ce processus est enclenché par le cerveau paléomammalien, une structure primitive datant de plusieurs millions d’années! De façon plus précise, l’accouchement est régi par deux grands systèmes hormonaux, celui de l’affiliation et celui du stress. Les hormones d’affiliation Elle sont sécrétées dans les moments d’élan intense vers l’autre, comme dans un coup de foudre, durant une relation sexuelle ou pendant un accouchement, qui culmine par la rencontre avec bébé. L’ocytocine, appelée hormone de l’amour, favorise aussi le travail. La bêta-endorphine et la dopamine ont pour leur part un effet analgésique, euphorisant et relaxant. Tout en diminuant la sensation de douleur, elles aident la femme à se retirer à l’intérieur d’elle-même, dans une bulle où elle se sent en sécurité, un élément essentiel pour accoucher dans de bonnes conditions. La bêta-endorphine favorise en outre la sécrétion accrue d’ocytocine et de prolactine, une autre hormone du maternage permettant la lactation. L es hormones du stress L’adrénaline et la noradrénaline agissent sur l’organisme en cas de danger, réel ou potentiel. Elles activent à leur tour des systèmes métaboliques. Ainsi, l’énergie est déviée vers les muscles, afin que l’individu puisse faire face et combattre ou, au contraire, fuir. Pendant le travail, il faut éviter les stimulations qui entraînent la production de ces hormones. Les sources de stress Les études démontrent que, plus on intervient durant le travail, plus les contractions ont tendance à s’espacer et à diminuer d’intensité et d’efficacité, ce qui conduit souvent à une médicalisation de l’accouchement. Or, à l’hôpital, la femme est souvent interrompue et stimulée par diverses interventions. Le fait que de nombreuses personnes entrent dans sa chambre et qu’elle se sente observée engendre un manque d’intimité. L’anesthésie péridurale ou l’administration de narcotiques sont également des éléments perturbateurs. Tout cela entraîne la production d’adrénaline et de noradrénaline, ce qui aboutit à faire baisser celle des hormones d’affiliation, qui favorisent le bon déroulement du travail et de l’accouchement. Favoriser la détente Il est possible de minimiser les sources de stress et d’activer la sécrétion de bêta-endorphines. «L’intimité, le calme et la pénombre constituent des éléments favorisants, explique Pierre Lévesque, gynécologue-obstétricien. Les études démontrent que la présence d’une accompagnante, qui veille à ce que la femme se sente en sécurité, réduit la durée du travail, diminue les risques d’accouchement “instrumenté” et le recours à la césarienne. L’accompagnante intervient le moins possible. En utilisant des messages très simples, elle évite de stimuler le cortex cérébral, inhibiteur des hormones d’affiliation et de l’instinct.» Le boom d’adrénaline Au stade de la poussée, l’adrénaline entre en jeu, permettant à la femme de sortir de sa torpeur, de redevenir active et sensible à ce qui se passe autour d’elle. Elle peut ainsi mobiliser toute son énergie pour donner naissance à son petit, prendre contact avec lui et assurer sa protection. Ce boom d’adrénaline se produit d’ailleurs simultanément chez le bébé. Lorsqu’il vient au monde, il est éveillé, ses yeux sont grands ouverts et ses pupilles très dilatées, ce qui a un pouvoir d’attraction incroyable sur ses parents. par Sylvie Louis publié dans Le Magazine Enfants Québec, février-mars 2007.
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