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accueil Santé Grossesse et maternité Peau à peau avec bébé

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Sylvie Louis, Enfants Québec, février-mars 2009 À la naissance, tout ce qui sépare le nouveau-né de sa mère fait grimper en flèche le niveau de stress chez l’un comme chez l’autre. À l’inverse, bébé atterrit plus en douceur sur la planète Terre si on le dépose sur le ventre de sa maman. Notre société à la fine pointe de la technologie redécouvre les vertus du contact peau à peau. Celui-ci favorise l’attachement. Au cours de la première heure et avant que la fatigue consécutive à l’accouchement ne l’assaille, la nouvelle maman, sous l’effet de l’adrénaline, est particulièrement réceptive à son bébé. Quant à lui, ses sens sont en éveil durant sa première heure de vie. Il fait connaissance avec ses parents. Dès qu’on lui met des antibiotiques dans les yeux, il voit moins bien. Et une procédure douloureuse comme l’injection de vitamine K nuit elle aussi à «l’heure magique» «Dans la plupart des cas, les procédures médicales peuvent sans problème être retardées de deux heures», estime Julie Choquet, médecin de famille. Le fait d’être peau à peau contre sa maman stabilise les signes vitaux du nouveau-né, notamment sa respiration et sa température. «La chaleur de la poitrine de la mère peut augmenter ou baisser d’un degré Celsius pour s’adapter à celle de l’enfant, dit la Dre Choquet en s’émerveillant. Contre elle, il pleure moins et perd moins de chaleur. En outre, dans ces conditions, il y a des chances qu’il soit colonisé par de bonnes bactéries plutôt que par des bactéries dangereuses présentes en milieu hospitalier. Il ne sera pas immunisé contre ces dernières mais la flore bactérienne sur la peau maternelle joue probablement un certain rôle protecteur.» Si on le laisse faire, le nouveau-né «rampe» vers le mamelon. Le contact peau à peau stimule la lactation. Et une tétée précoce au cours de cette première heure constitue un facteur de prédiction de succès de l’allaitement. De retour à la maison, plusieurs parents s’étonnent que bébé hurle lorsqu’ils le déposent dans son lit et qu’il leur suffise de le reprendre dans leurs bras pour qu’il s’arrête. Il ne s’agit pas d’un caprice. «Avant sa naissance, non seulement le bébé n’était pas couché mais il était bercé chaque fois que sa maman bougeait, rappelle la Dre Choquet. Et, du jour au lendemain, on voudrait qu’il soit bien quand on le pose sur une surface plate! Une chatte ou une femelle chimpanzé reste collée à ses petits. Même si on a tendance à l’oublier, nous sommes aussi des mammifères, une espèce porteuse et non nidifuge.» La civilisation occidentale a conçu des lits, des sièges, des poussettes, des balançoires et des parcs pour les jeunes enfants. Mais un bébé, lui, sait d’instinct que ce n’est pas ce dont il a besoin. Il demande à être en contact physique avec sa mère. Celle-ci peut le faire de différentes façons:— en le prenant dans ses bras;— en le berçant;— en le portant dans un sac ventral ou à l’aide d’un grand foulard;— en prenant son bain avec lui. Son cordon ombilical n’est pas encore tombé? Il suffit de bien le sécher après le bain;— en l’allaitant, ce qui garantit un contact peau à peau prolongé plusieurs fois par jour. Si le bébé boit au biberon, la maman doit s’assurer qu’il bénéficie lui aussi d’un contact peau à peau régulier;— en le massant. Selon le gynécologue-obstétricien Pierre Lévesque, dans certains pays africains, les bébés sont traditionnellement en contact physique avec leur mère ou des proches 85 % du temps. En Amérique du Nord, ce chiffre tombe à 15 % en moyenne. Or, sous la barre des —10 %, on parle de carence sensorielle. Quand le bébé est lové contre sa mère, et qu’il perçoit sa chaleur, son odeur, ses mouvements et les battements de son cœur, il retrouve les repères de sa vie intra-utérine, ce qui le rassure. Pas étonnant qu’il pleure moins! Ces expériences sensorielles stimulent aussi le développement de son cerveau. Pour la maman, tenir et porter souvent son enfant contre elle:— lui permet d’apprendre plus vite à décoder ses besoins;— lui permet de partager du plaisir avec son enfant et lui procure le sentiment valorisant de vivre une belle expérience;— augmente les moments de calme et diminue le niveau de stress;— facilite l’adaptation à la vie avec son enfant;— renforce le sentiment de compétence parentale.
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