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Une demi-cuillère à thé de yogourt nature aura suffi pour que Florence vomisse pendant plusieurs heures.
Florence arrive dans nos vies au printemps 2009. L’allaitement, très important pour moi, se déroule vraiment bien. Vers les 4 mois de Florence, ses problèmes d’eczéma commencent. Nous consultons médecin, pédiatre, dermatologue, et chacun nous prescrit différentes crèmes et onguents. Ma fille fait aussi énormément de « chapeau » (dermatite séborrhéique), ce qui entraîne la perte des cheveux du dessus de sa tête (elle arbore alors un petit look à la René Lévesque !). À ses 9 mois, nous décidons d’introduire les produits laitiers dans ses repas. Une demi-cuillère à thé de yogourt nature suffit pour que Florence vomisse pendant plusieurs heures, au grand désarroi de ses parents qui ne savent pas quoi faire. Le test d’allergie qui suivra révélera une allergie à la protéine bovine.
Après quelques semaines d’inquiétudes et d’ajustements, nous adoptons un nouveau mode de vie. Heureusement, nos proches sont très compréhensifs et coopératifs : tous les repas de famille en présence de Florence sont maintenant exempts de produits laitiers. Merci aux grands-parents et à la marraine ! Cela aide beaucoup à la gestion des repas pour tout le monde, bien que Florence comprenne très bien sa situation (elle ne rechigne pas si on lui dit non lorsqu’elle veut manger quelque chose d’interdit). Nous n’osons même pas penser au stress que nous occasionnera son entrée à la garderie, maintenant que nous avons une bonne routine à la maison.
Puis, seconde grossesse : Florence n’entre pas à la garderie comme prévu… C’est un gros souci qui s’en va (ou plutôt, qui est remis à plus tard !). En prévision de l’accouchement, je prépare des tonnes de petits plats pour ma fille allergique. Il m’est très difficile de me séparer d’elle quatre jours (césarienne oblige), et c’est ma manière de pouvoir contrôler un peu la gestion de son allergie à distance.
Mon garçon, Antoine, n’a pas les problèmes de peau de sa soeur. Nous allons par contre attendre qu’il ait 1 an pour introduire les produits laitiers dans son alimentation. Par précaution, mais surtout pour éviter les contaminations lors des repas. Tout le monde sait qu’un bébé fait beaucoup de dégâts. Par contre, le nôtre ne semble pas allergique car il n’a aucun eczéma, bien que je continue de l’allaiter et de consommer quelques produits laitiers. Ouf !
À la rentrée scolaire 2011, le retour au travail de la maman enseignante implique que les deux mousses entrent à la garderie. Après avoir passé des heures au téléphone à chercher des places (et les allergies ne sont pas bien vues partout), je reçois un appel inespéré : la responsable d’un service de garde en milieu familial, subventionné en plus, a deux places disponibles. Les allergies de Florence ne la rebutent pas (je fournis les repas pour éviter toute contamination… et pour enlever à son stress !), et les petits amis s’avéreront aussi très coopératifs. Je suis à l’aise et en confiance à l’idée de laisser ma fille (et mon garçon aussi !) aux bons soins de Véronique et de Nicole. Un peu de laisser-aller et de lâcherprise de la part des parents auront été nécessaires, mais aucun incident n’est encore arrivé. Tout le monde est heureux… y compris Florence, qui est maintenant championne de la garderie. Elle s’y épanouit énormément et continue de jouer son rôle de grande soeur à merveille. En attendant, nous continuerons de lui faire passer un test d’allergie chaque année, en espérant que ce souci deviendra chose du passé un jour…
Marianne Larouche
Magazine Enfants Québec, février-mars 2012
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